Serial sailor

Bruno Troublé, d’une Coupe à l’autre

Venus du multicoque ou de la Coupe de l’America, de la Volvo Ocean Race ou de la Mini Transat, de l’olympisme ou de l’IOR … voir parfois de plusieurs de ces séries, certains coureurs présents à Cannes pour les Régates Royales-Trophée Panerai skippent ou barrent ces magnifiques voiliers en baie de La Napoule ! Bruno Troublé est un habitué de ces rassemblements entre deux Coupe de l’Ameerica…

Bruno Troublé, cette fois vous naviguez sur un Class-P…
« Sur Chips, un plan de Starling Burgess, l’architecte américain qui a dessiné Ranger, Rainbow… pour la Coupe de l’America. Avec Olympian conçu par William Gardner la même année en 1913, nous sommes de la même classe mais il est plus rapide dans le petit temps : je les ai trouvés l’un après l’autre aux Etats-Unis en assez mauvais état. Nous les avons faits restaurer : ce sont des bateaux qui ressemblent étrangement aux grands Class-J puisqu’ils sont conçus selon la Jauge Universelle établie par Nathanaël Herreshoff en 1903. Il y avait plusieurs classes comme les « P », les « Q » tel Jour de Fête et maintenant, il y a un Class-R Aloha (plan Edson B. Shock de 1923). Il y a eu une vingtaine de Class-P construits mais il n’en reste plus que sept ou huit dont deux au Canada : je sais où ils sont tous…»

Parce que c’est une classe qui n’a pas duré ?
« Non : là où la Jauge Internationale avec les 6mJI, 8mJI, 12mJI… avait défini des échantillonnages extrêmement contraignants rendant les bateaux très lourds et bien réalisés, la Jauge Universelle laissait plus de marges mais pour des bateaux qui ne devaient perdurer que quelques années… Cela permettait de faire des voiliers très légers, donc très performants surtout dans les petits airs. Et au final, entre les Class-P, les Class-Q et les Class-R, il y a autant de ces bateaux que les voiliers métriques à cette époque, entre 1920 et 1930 ! Et tout a basculé en 1930 où les 12mJI ont continué alors que la Jauge Universelle a périclité au seuil de la Seconde Guerre Mondiale, vers 1935… »

Chips n’est pas le nom d’origine du bateau !
« Il s’appelait à sa mise à l’eau Onda III, mais un banquier new-yorkais l’a gagné au poker en 1926 : il l’a renommé Chips comme poker chips, jeton de poker… Il appartient désormais à Sébastien Bazin du Groupe Accor et Olympian à Philippe Oddo. »

Mais vous avez aussi votre propre bateau !
« Je navigue beaucoup sur des bateaux de propriétaires sur lesquels j’ai participé à la restauration, mais j’ai mon propre voilier de croisière en Grèce. Cela me permet de naviguer toute l’année sur des unités prestigieuses comme Jour de Fête, Runa et maintenant Chips… » 

Et le programme de Bruno Troublé l’année prochaine ?
« Je retourne sur la Coupe de l’America aux côtés de Grant Dalton avec l’organisation de la Prada Cup qui remplace la Louis Vuitton Cup. J’ai soutenu à fond les néo-Zélandais lors des confrontations avec le Defender américain car je n’ai pas aimé la Coupe de l’America version Russell Coutts ! Je ne suis pas fan des jeux vidéo… »

Caractéristiques de Chips :
Architecte : Starling Burgess
Constructeur : W. Starling Burgess (1903)
Longueur de coque : 15,67 m
Flottaison : 10,70 m
Largeur : 3,17 m
Tirant d’eau : 2,25 m
Déplacement : 16 000 kg
Surface voilure : 170 m2